14 décembre 2007
Certains souffrent comme ils respirent…

Parfois il suffit de laisser la pelote de la Vie se dévider un petit peu, puis encore un peu, puis toujours plus vite et… on finit par ne plus avoir de fil qui nous rattache à quoi que ce soit !
Il est 8 heures, vous vous réveillez dans votre sac de couchage devant la Gare du Nord, vous vous levez, le corps engourdi par le froid et la douleur, vous titubez, vous ne sentez plus vos orteils et votre main ne vous répond plus quand vous essayez de la tendre ; il y a trop de monde, vous gardez souvent les yeux baissés, de temps en temps vous voyez tous ces yeux qui passent sans vous voir, vous vous repliez, vous vous enfoncez, vous désespérez de la vie, de vous, vous voulez vous donnez un coup de pied aux fesses pour sortir du puits, mais rien, vous ne pouvez plus vous agripper à rien, les parois sont trop lisses et vous renvoient au fond du trou, il ne vous reste plus qu’à vous réchauffer le corps au vin rouge pour finir par vous fondre dans la grisaille des trottoirs qui deviennent les cimetières que la foule indifférente piétine…
PS : « 470 : nombre de mineurs étrangers identifiés qui sont livrés à eux - mêmes autour des gares de l'Est et du Nord à Paris » LE MONDE | 13.12.07 | 15h49 • Mis à jour le 13.12.07 | 15h49