Ce qui caractérise le « lycéen », à mon humble avis de « presque experte » en la matière, c’est d’abord et avant tout le décalage : en anglais il fait du français, en français des mathématiques, en mathématiques de l’histoire, en histoire de l’espagnol,  en espagnol de l’anglais et chez lui, il ne fait rien ou plutôt, il travaille vaguement avec les écouteurs MP3 vissés dans les oreilles et en consultant MSN toutes les deux minutes. Une vraie vie de décalé, je me demande comment les lycéens tiennent à ce rythme-là. D’ailleurs ils ne tiennent pas. En classe ils s’effondrent souvent sur leur table ou sur leur chaise ; parfois même une jambe est étendue sur la chaise d’à côté, mais seulement dans les cas d’extrême fatigue ou de mauvaise circulation ! Ils sont même prêts à vous fournir un mot de leurs parents ou un certificat de leur médecin pour pouvoir rester dans cette position… Souvent, les manteaux sont gardés – même dans les classes surchauffées – retirer son manteau équivaut sans doute à se mettre à nu. Les sacs sont bien sûr calés sur les genoux, par commodité : il est beaucoup plus aisé de consulter ainsi son téléphone portable. N’oublions jamais que le lycéen est en connexion permanente avec le « Monde » ! A une question posée par le professeur, le lycéen  répond très rarement par une phrase, il préfère de loin utiliser  un mot, un mouvement de tête ou le silence, en cas de lassitude. On aura compris que le lycéen n’a pas de temps à perdre avec les mots, il a bien d’autres chats à fouetter…